Avec un environnement changeant sans cesse, la fonction de Fleet Manager se doit d’évoluer de jour en jour. Votre activité ne se limite plus à opérer une gestion fine, méthodique et pertinente d’une flotte de véhicules professionnels. Vous devez intégrer d’autres missions à votre quotidien tout en conservant un œil sur l’avenir. Comment va évoluer votre métier dans les années à venir ?

Nous allons évoquer les principales transformations de votre métier, au cours des prochaines années, dans différents domaines :

  • Au niveau de la fiscalité et de la réglementation,
  • Sur le plan de la Mobilité Verte et l’Écologie,
  • Également en termes sociétal.

Fiscalité et réglementation

Au quotidien, vous êtes amené à suivre les évolutions fiscales et législatives et à les assimiler de façon à les inclure dans votre activité de Fleet Manager. Et cette année, elles sont particulièrement nombreuses ! Dans cet article, nous allons vous en présenter trois : l’IFRS16, le cycle d’homologation WLTP et la Loi d’Orientation des Mobilités.

Norme comptable IFRS16

Parmi les nouveautés dans le domaine de la fiscalité, nous pouvons vous citer l’instauration de la norme IFRS16 depuis le 1er janvier 2019. Cette évolution comptable oblige les entreprises à inscrire dans leur bilan annuel les contrats des véhicules professionnels en leasing ou en Location Longue Durée (LLD) soit :

  • Reconnaître les biens en location dans les actifs de l’entreprise,
  • Enregistrer les loyers de ces derniers aux passifs.

Cependant, l’IFRS16 s’applique uniquement aux entreprises publiant leurs états financiers selon les normes IFRS (sociétés cotées en bourses ou ayant opté pour une application volontaire du référentiel IFRS, etc.).

Afin de faciliter la mise en œuvre de cette nouvelle norme au sein de votre entreprise, vous devrez constituer – si ce n’est pas déjà fait – une base de données de votre parc automobile en indiquant les éléments suivants :

  • Les caractéristiques du véhicule (marque, modèle),
  • La durée du contrat de location,
  • Les options de prolongation et de résiliation,
  • Le loyer mensuel,
  • La répartition exacte entre loyers et services associés,
  • Les options d’achat,
  • Les clauses de révision de prix,
  • Le taux d’actualisation,
  • Etc.

Par ailleurs, l’instauration de l’IFRS16 sera bénéfique pour la gestion quotidienne de votre parc automobile. En effet, elle vous permet de dissocier le loyer des véhicules en Location Longue Durée (LLD) des services associés (entretien, maintenance, pneumatiques). Vous aurez donc la possibilité d’effectuer de nombreuses optimisations (renégociation, restriction sur les services ou les prestations incluses, etc.) sur chacun de ses paramètres afin d’en diminuer le coût.

Cycle d’homologation WLTP

Par la suite, l’entrée en vigueur prochaine du cycle d’homologation WLTP – au 1er janvier 2020 – va vous engager à repenser l’organisation de votre parc automobile ainsi qu’à réviser les conditions d’attribution des véhicules de société. En effet, il ne sera plus question de mettre à disposition des Collaborateurs un véhicule en bon état, mais de leur proposer un modèle équipé d’une motorisation correspondant parfaitement à leurs usages.

Ce changement d’homologation va indubitablement engendrer un surcoût au niveau de la fiscalité de votre parc automobile. Afin de diminuer l’incidence que pourra avoir le WLTP sur le budget du parc, vous pourrez d’ores et déjà entreprendre les actions suivantes :

  • Retravailler la « Car Policy » du parc auto en vue de s’orienter vers des modèles de véhicules essence, hybrides ou électriques,
  • Se prémunir des hausses des coûts de détention et d’utilisation dans le but d’avoir la main sur le budget alloué à votre flotte de véhicules d’entreprises,
  • Élargir le nombre de prestataires de services (loueurs, fournisseurs, etc.) et les mettre en concurrence de façon à obtenir le meilleur tarif possible,
  • Etc.

Loi d’Orientation des Mobilités (LOM)

Enfin, la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) – récemment adoptée par le gouvernement – fait également partie des évolutions législatives que vous vous devez de connaître.

Cette mesure législative prévoit, dès 2022, une augmentation progressive de la part des véhicules propres (à faibles émissions) au sein des parcs automobiles des entreprises. À l’horizon 2030, votre flotte de véhicules d’entreprise devra donc être composée d’au moins 50% de modèles à faibles émissions.

L’anticipation apparaît comme la meilleure solution pour se préparer à l’application prochaine de cette loi. Vous devez envisager, dès à présent, la diversification énergétique au sein de votre flotte automobile :

  • Renouveler les véhicules diesel par des modèles hybrides ou tout-électriques,
  • Privilégier les énergies propres, à l’achat ou en location, si votre parc auto doit s’agrandir (nouveaux Collaborateurs, nouvelles attributions de véhicules, etc.),
  • Etc.

Au-delà de ces trois nouveautés, nous pourrions vous citer en plus :

  • L’élaboration obligatoire d’un Plan de Mobilité (PDM) pour les entreprises comptant plus de 100 salariés sur un même site,
  • Les modifications du barème bonus-malus écologique,
  • L’élargissement de la prime à la conversion,
  • Etc.

Mobilité Verte / Écologie

L’évolution du contexte normatif et réglementaire, avec les nouvelles mesures que nous venons d’évoquer, vous pousse à vous orienter vers une mobilité plus verte en phase avec l’environnement : énergies alternatives, nouvelles solutions de mobilité, maîtrise de la consommation de carburant, formations des Conducteurs, etc.

Énergies alternatives ou plus respectueuses de l’environnement

Avec une hausse permanente du prix du carburant et une réglementation en faveur de la protection de l’environnement, la tendance à suivre actuellement et pour les années à venir en matière de gestion de flotte est de recourir à des énergies alternatives au sein même de son parc automobile.

Pour cela, vous devrez mener une analyse poussée lors de la constitution ou lors du renouvellement de votre parc de véhicules professionnels. Le déploiement du WLTP vous aidera dans cette tâche puisque ce dernier vous donnera accès à plus de transparence sur le plan de la pollution des véhicules commercialisés. Vous pourrez ainsi opter pour un véhicule économe en carburant ou à faibles émissions de CO2 comme les modèles hybrides ou électriques.

Instauration de nouvelles formes de mobilité

Les nouvelles formes de mobilité représentent, elles aussi, un pas vers une mobilité plus verte : modes doux, télétravail, covoiturage, autopartage et transports en commun.

L’adoption de ces nouvelles mobilités par vos Collaborateurs se fera aux moyens d’une communication active (newsletters, flyers, réunions de sensibilisation, etc.) et d’un processus de recherche du mode de transport adéquat tout en simplifiant leur accès :

  • Inciter les Collaborateurs résidant à proximité de l’entreprise à se déplacer à vélo ou à pied par exemple,
  • Autoriser l’accès au parking de l’entreprise pour les Collaborateurs habitant à plusieurs dizaines de kilomètres du lieu de travail.

Modification du comportement Conducteur

La modification du comportement de vos Conducteurs au volant constitue une étape supplémentaire dans la réussite de votre projet de mobilité verte.

Quand on sait que le carburant représente plus de 30% du TCO d’un parc auto, il est primordial de faire évoluer les habitudes de conduite des Collaborateurs. En plus d’assurer un pilotage efficace de votre parc, votre mission sera également d’accompagner vos Conducteurs dans le perfectionnement de leur comportement sur la route. En détail, vous pourrez entreprendre les actions suivantes :

  • Stages de sensibilisation à l’écoconduite,
  • Formation de perfectionnement à la conduite,
  • Participation à des journées de la Sécurité routière,
  • Usage de la télématique,
  • Attribution de récompenses de bonne conduite,
  • Etc.

Changements sociétaux

L’avenir du Fleet Management passe également par les avancées technologiques. En effet, ces dernières vous permettront de mener une gestion poussée de votre parc automobile :

  • Outils informatiques (logiciel de gestion de flotte, etc.) : en plus d’être d’excellents moyens d’aide à la décision, ils vous permettent de dégager du temps pour vous consacrer à d’autres tâches de pilotage,
  • Télématique : ce type de solutions connectées est en train de se démocratiser au sein des entreprises. Il permet d’avoir une plus grande maîtrise sur l’utilisation et la pérennité de son parc automobile,
  • Véhicules autonomes : avec une intelligence artificielle qui progresse constamment, ces nouvelles solutions de mobilité seront bientôt une réalité à grande échelle. Vous devez donc y vous préparer,
  • Etc.

Également, l’évolution des mentalités vis-à-vis de l’environnement est en train de connaître un grand bond en avant. La population a de plus en plus conscience de l’impact qu’elle a sur notre planète. À terme, vous observerez un changement naturel des habitudes au volant chez vos Collaborateurs, ce qui sera bénéfique pour votre activité (réduction de l’empreinte carbone, baisse de la consommation moyenne de carburant, diminution de la sinistralité en entreprise, etc.).

Quant à votre métier, il tend à se complexifier dans les années à venir. Vos missions professionnelles vont évoluer vers une dimension plus large, vers une dimension plus transverse au sein de l’entreprise. En effet, votre poste de Gestionnaire de parc va se situer à la croisée des chemins. Vous êtes appelé à devenir le point central de l’entreprise :

  • Lien entre les différents services internes (RH, Comptabilité, Logistique, RSE, etc.),
  • Lien entre les Conducteurs et la Direction,
  • Lien entre l’entreprise et ses fournisseurs,
  • Lien entre l’entreprise et ses clients,
  • Etc.

En parallèle à cette évolution, vous déporterez à terme votre attention non plus sur le Conducteur et sur son véhicule de fonction, mais sur les déplacements du Collaborateur. Votre raisonnement ne portera plus seulement sur l’indice de TCO (Total Cost of Ownership), vous intégrerez le TCM  (Total Cost of Mobility) à votre réflexion. C’est à dire que vous tiendrez compte des coûts de déplacement des Collaborateurs dans leur globalité et non plus uniquement ceux associés à l’utilisation de son véhicule professionnel.

Le métier de Gestionnaire de parc, tel que vous l’exercez aujourd’hui, est en train de changer profondément : nouvelles missions, nouvelles responsabilités, nouvelles méthodes de travail, etc. Tous ces éléments sont en train de faire émerger un nouveau profil poste doté d’une vision plus large : celui de Mobility Manager.

En définitive, le statut que vous occupez actuellement va connaître un joli bouleversement. À l’avenir, vous serez perçu par vos Collaborateurs comme le garant de la politique de mobilité au sein de l’entreprise. Parallèlement à cela, vous assurerez de plus en plus un rôle de prescripteur (conseils, préconisations, informations, pouvoir de décision, etc.) auprès de votre Direction tout en étant proactif.