Face à la législation en constante évolution, le diesel n’a plus toute sa légitimité au sein d’un parc automobile. De nombreux Gestionnaires de Parc optent pour des énergies alternatives, fiscalement et environnementalement avantageuses, ainsi que pour les motorisations essence. Quelles énergies choisir alors pour une flotte de véhicules professionnels ?

Nous répondrons à cette question tout au long de cet article en commençant par étudier les déplacements de la flotte de véhicules professionnels. Nous poursuivrons notre argumentaire en opposant diesel et essence sur plusieurs points (fiscalité, entretien, consommation de carburant et environnement) avant d’évoquer par la suite, l’engouement des sociétés pour les énergies alternatives comme l’hybride et le tout électrique.

Choix de l’énergie selon les besoins des Conducteurs

Si le choix du diesel était auparavant une évidence pour le Gestionnaire de Parc, il l’est moins aujourd’hui. Pour choisir le véhicule le plus adapté à chaque Collaborateur, le Gestionnaire de Parc devra tenir compte de plusieurs paramètres comme :

  • L’usage réel de l’ensemble des Collaborateurs (nombre de kilomètres annuels, nature des trajets professionnels, etc.)
  • Les exigences de la société (limite de budget d’acquisition, définition d’un grammage de CO2 maximal, consommation moyenne de carburant, etc.)

Une analyse de l’utilisation du véhicule de fonction par les Collaborateurs est essentielle pour affiner ce choix.

Tout d’abord, le nombre de kilomètres parcourus sur l’année est le premier indicateur sur lequel doit se baser le Gestionnaire de Parc. Par exemple pour un Collaborateur réalisant à minima 30 000 km par an, il est préférable de lui mettre à disposition un véhicule diesel. Généralement, le basculement pour un véhicule diesel se situe autour des 22 000 kilomètres annuels.

Ensuite, l’environnement dans lequel évolue professionnel chaque Collaborateur a également son importance :

  • Trajet urbain : Les voitures diesel apprécient peu les courts trajets et particulièrement s’ils sont urbains, le moteur et ses organes ont tendance à s’obstruer en raison d’une faible montée en température du moteur et d’arrêts fréquents.
  • ZFE : La mise en place des ZFE impactera à terme l’utilisation du diesel en ville, il faudra alors avoir une réflexion globale sur le déplacement des Collaborateurs

Enfin, le Gestionnaire de Parc a des contraintes d’une part financières et d’autre part environnementales. Le Gestionnaire de Parc devra respecter le budget qu’il lui est accordé pour la constitution de sa flotte de véhicules professionnels.

Il raisonnera également en litres de carburant consommés tous les 100 kilomètres ainsi qu’en grammes de polluants rejetés dans l’air. Ce dernier paramètre est déterminant dans le calcul du coût global de détention (TCO) ainsi que dans celui de la TVS mais reste toutefois lié à la consommation moyenne de carburant. Enfin, la loi sur la transition énergétique, les vignettes Crit’Air et les Zones à Circulation Restreinte (ZCR) renforcent ce sentiment d’une bonne analyse en amont.

Une fois en possession de toutes ces données, le Gestionnaire de Parc les renseignera dans un tableau tout en les pondérant selon les priorités fixées par l’entreprise afin d’en retirer un résultat.

Diesel ou essence, le choix n’est plus si évident

Actuellement, le diesel règne en maître dans les flottes automobiles d’entreprise à hauteur de 85%. Il faut dire que le diesel offre de nombreux avantages pour une entreprise comme une fiscalité très intéressante, une consommation de carburant plus faible ainsi qu’une longévité plus importante.

Premier point pour le diesel, sa fiscalité. Le Gestionnaire de Parc a la possibilité de récupérer, pour le compte de l’entreprise, 100% de la TVA sur les véhicules utilitaires et 80% pour les voitures de tourisme (voitures particulières abrégées « VP » à l’intérieur du certificat d’immatriculation).

Bien que l’acquisition d’un véhicule diesel reste plus onéreuse, son moteur permet de compenser grâce à une consommation de carburant plus faible d’environ 15% et donc par une autonomie plus importante. Un réel atout pour les « gros rouleurs » effectuant plus de 22 000 km par an. Néanmoins, la récente taxation du gazole joue cette fois en faveur de l’essence.

En effet, l’essence gagne actuellement du terrain dans le cœur des Gestionnaires de Parc principalement dû à un alignement de la fiscalité avec le diesel.

Historiquement, les pouvoirs publics ont toujours favorisé le diesel à l’essence principalement avec la possibilité pour les entreprises de récupérer en totalité (ou à 80%) la TVA sur le gazole. Un important changement est à noter de ce côté-là puisque le gouvernement vise à rétablir un équilibre au niveau de la récupération de la TVA entre gazole et essence. Un alignement est en cours, et ce depuis le 1er janvier 2017, pour se terminer en 2022. Plus précisément, les sociétés ont la possibilité de récupérer en 2018 20% de la TVA lors des ravitaillements en Sans-Plomb. L’an prochain, ce taux sera porté à 40% puis à 60% en 2020 et à 80% l’année suivante. À compter de 2022, l’essence sera l’égal du gazole en matière de récupération de TVA (80% sur les véhicules de tourisme et 100% sur les véhicules utilitaires).

De plus, les véhicules essence affichent un rejet moins important de dioxyde de carbone. Ce type d’énergie est ainsi avantagé particulièrement pour se déplacer à l’intérieur des Zones à Faible Emission (ZFE) par l’obtention d’une vignette Crit’Air de Classe 1 ou 2. Une accessibilité, en somme, bien meilleure aux abords des grandes agglomérations.

Enfin, l’entretien d’un véhicule équipé d’un moteur essence est généralement moins coûteux en raison d’un prix plus bas des pièces de remplacement ainsi que par la régularité d’entretien. Parcourant plus de kilomètres, les interventions sur une voiture diesel seront plus fréquentes. D’autre part, un moteur diesel a tendance à s’encrasser rapidement en ville et sera plus sujet à une fragilisation des injecteurs, du filtre à particules ou encore des vannes EGR.

En résumé, il est préférable d’opter pour un véhicule diesel si le Collaborateur réalise un grand nombre quotidien de kilomètres et s’il se déplace essentiellement en dehors des agglomérations. Auquel cas, l’essence est plus avantageuse en milieu urbain et sur de courts trajets.

Un fort engouement pour l’hybride et l’électrique

Énergies alternatives, l’hybride et l’électrique rencontrent un vif engouement auprès des sociétés. De plus en plus de Gestionnaires de Parc renouvellent leur parc automobile avec des modèles essence/hybride, diesel/hybride ou tout électriques en raison d’une fiscalité favorable et d’un prix de revient kilométrique (PRK) plus attrayant.

L’ensemble des voitures électriques, toutes marques confondues, bénéficient à titre exceptionnel d’une exonération totale de la Taxe sur les Véhicules de Société (TVS) en raison d’émissions de CO2 nulles. Quant aux modèles hybrides, ils bénéficient d’une exonération temporaire (les douze premiers trimestres après l’achat d’un véhicule émettant moins de 100 g de CO2/km) ou totale (en cas de rejet de CO2 inférieur à 50 g/km). De plus, les Gestionnaires de Flotte peuvent compter sur le soutien de l’État pour doter leur parc de ce genre de véhicules grâce à un bonus écologique maximal de 6 000€. En parallèle, les compagnies d’assurance apprécient également cette démarche environnementale en accordant des primes mensuelles plus intéressantes.

En dépit d’un prix à l’achat ou d’un loyer plus élevé, les véhicules électriques et hybrides affichent un prix de revient kilométrique plus bas qu’une voiture thermique (essence ou diesel). D’ailleurs, l’apport du moteur électrique ainsi que la technologie de récupération d’énergie au freinage permettent à ces véhicules d’être moins gourmand en carburant (valable pour les modèles hybrides). Une aubaine pour les Gestionnaires de Parc !

Enfin, l’accessibilité dans les grandes villes et notamment au sein des Zones à Faible Emission (ZFE) sera facilitée à cause du faible taux d’émissions de CO2 (vignettes Crit’Air Classe « Zéro Emission Moteur » ou de Classe 1). En se déplaçant à bord de ce type de véhicules, le Collaborateur ne sera pas perturbé par d’hypothétiques restrictions de circulation.

Malgré les avantages évoqués ci-dessus, l’autonomie des véhicules électriques reste un frein pour de nombreuses entreprises. Elle reste bien trop limitée par rapport à l’activité professionnelle de certains Collaborateurs de l’entreprise, elle pourra en freiner l’exercice à cause de stations de recharge encore peu présentes sur le territoire ainsi que le temps de recharge assez long.

Face à ce large choix d’énergies, le Gestionnaire de Flotte devra bien étudier les déplacements des Conducteurs afin de choisir la motorisation adéquate pour chacun. Le diesel ne représente plus l’option par défaut notamment en cas d’utilisation exclusivement urbaine et pour des kilométrages modérés (inférieur à 22 000 km/an). Ce choix judicieux conduira le Gestionnaire de Parc à une gestion optimale de sa flotte d’entreprise par la baisse de l’indice de TCO ainsi que le montant de la TVS.