Principal sujet de préoccupation de ces derniers mois, la mise en application du nouveau cycle d’homologation WLTP a suscité de nombreuses réactions et inquiétudes tant auprès des constructeurs et automobilistes que des Gestionnaires de Parc et Dirigeants.

Découvrez en détail ce nouveau cycle d’homologation, ses intentions, ses procédures de test ainsi que ses répercussions sur l’activité de Gestionnaire de Parc tout en évoquant son récent report à l’automne 2019.

Présentation du nouveau cycle d’homologation WLTP

Destiné à remplacer à terme le NEDC, le nouveau cycle d’homologation WLTP – Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure – a été élaboré de façon à fournir aux acquéreurs de nouveaux véhicules, dont les Gestionnaires de Parc et Dirigeants, des valeurs bien plus précises et plus réalistes sur la consommation de carburant et les émissions de polluants ainsi que de particules fines que son prédécesseur.

Représentation plus juste de la conduite actuelle

Pendant près de 44 ans (juillet 1973 – septembre 2017), le NEDC – New European Driving Cycle – était l’indicateur de référence permettant de comparer objectivement modèles de véhicules et motorisations. Toutefois, l’Union européenne lui reprochait un manque d’exactitude lors des essais tout en n’intégrant pas les dernières technologies automobiles connues comme l’hybride ou le tout-électrique.

En réponse à ces observations et dans le cadre de la norme Euro 6d, l’Union européenne a instauré depuis l’automne 2017 le WLTP en vue d’obtenir des résultats se rapprochant des performances des véhicules « en conditions réelles ». Jusqu’ici, les constructeurs avaient le choix de l’utiliser pour tester leurs nouveaux modèles. Désormais, ces derniers ont l’obligation de recourir à ce procédé pour l’homologation de leurs futurs véhicules.

Des nouvelles procédures de test pour le WLTP

Plus strict que son prédécesseur, le cycle d’homologation WLTP intègre de nouvelles procédures de tests avec des mises en situation entièrement revues afin d’obtenir des résultats plus concrets sur les performances du véhicule à l’essai.

La principale évolution réside dans le nombre de phases de conduite : si le NEDC n’en comportait que deux, le cycle de conduite WLTP double ce nombre tout en les rendant totalement dynamiques (4 phases dynamiques de conduite désormais). En effet, chacune de ces phases de conduite sera réalisée à des vitesses différentes alternant entre accélérations, freinage et arrêt du véhicule : à vitesse limitée, à vitesse moyenne, à vitesse soutenue et à très grande vitesse.

D’autres changements sont à noter, Feu Vert Entreprises vous les énumère ci-dessous :

  • Allongement de la durée des tests : 30 minutes contre 20 minutes auparavant,
  • Extension des situations de conduites : sur autoroute, sur voie rapide, en conduite urbaine et suburbaine,
  • Augmentation de la distance parcourue : fixée désormais à 23,25 kilomètres contre 11 précédemment,
  • Révision des conditions de configuration et de mesure,
  • Revalorisation à la hausse des vitesses moyennes et maximales,
  • Réalisation des tests dans des conditions climatiques réalistes : mesure à 23°C et correction des valeurs CO2 à 14°C,
  • Prise en compte de certaines fonctionnalités du véhicule (équipements de série et options).

Un ultime test, cette fois sur route ouverte, vient s’ajouter aux procédures du nouveau cycle d’homologation WLTP : le Real Driving Emissions, abrégé RDE. Cette épreuve va relever le taux d’émission d’oxydes d’azote (NOx) produit par les véhicules diesel ainsi que le taux de particules fines (PN) rejetées dans l’air par les modèles essence et diesel.

Davantage en adéquation avec les conditions réelles d’utilisation, les données relevées (consommation de carburant, émissions de CO2, etc.) lors des tests du WLTP seront supérieures à celles de l’actuel NEDC. Cette majoration impactera inévitablement la fiscalité d’une flotte automobile. Nous reviendrons sur ce point dans la seconde partie de cet article.

Le test WLTP expliqué :

Effets du WLTP sur la gestion d’une flotte automobile

L’application de ce nouveau cycle d’homologation WLTP va modifier le quotidien des Gestionnaires de Parc. Ils devront faire face à de nouveaux challenges tout en préservant une capacité d’optimisation de la flotte automobile : contrainte de disponibilité de certains modèles de véhicules, réflexion sur le renouvellement de la flotte ainsi que la prise en compte d’une hypothétique majoration des taxes.

Hausse de la fiscalité

C’est certainement le point le plus important pour un Gestionnaire de Flotte : la fiscalité liée à son parc de véhicules professionnels. En annonçant une hausse des taux d’émissions de gaz et un malus écologique plus important, le WLTP inquiète les Gestionnaires de Parc et les Dirigeants puisqu’ils devront s’attendre à une revalorisation positive du coût total de détention (TCO) ainsi qu’au niveau de la Taxe sur les Véhicules de Société (TVS). Toutefois, la Commission européenne se veut rassurante en indiquant que malgré ces indices de CO2 réévalués, la taxation ne serait pas aussi importante que prévu du moins pour l’année 2019.

De plus, le Gestionnaire de Parc doit être attentif à chaque équipement qui sera présent sur le véhicule choisi puisque ces équipements entreront directement en compte dans le résultat final du WLTP et donc dans la fiscalité du parc auto. Une identification précise des options et équipements les plus économiques et écologiques doit être effectuée par les Gestionnaires de Parc.

Questionnement sur les prochains achats du parc auto

L’arrivée de cette nouvelle norme d’homologation va impacter l’activité des Gestionnaires de Parc en créant des interrogations au sujet des futurs renouvellements de véhicules professionnels comme :

  • Faut-il accélérer le renouvellement de la flotte de véhicules de société afin d’être conforme aux nouvelles normes et éviter ainsi toute taxation supplémentaire ?
  • Étendre la durée du contrat de location des véhicules du parc, est-ce une bonne alternative ?

Pour pallier à ces problématiques, bon nombre de Gestionnaires de Parc et de Dirigeants ont déjà amorcé une transition vers l’acquisition des véhicules « propres » avec une préférence pour l’hybride. À côté de ça, l’émergence de nouveaux services de mobilités tels que l’autopartage, le covoiturage ou encore le crédit de mobilité pourraient rencontrer un fort succès auprès des Gestionnaires de Parc à l’horizon fin 2019.

Indisponibilité de véhicules au catalogue ou délais de livraison plus longs

Afin d’être en accord avec le cycle WLTP, différents constructeurs ont pris la décision de fermer le carnet de commandes sur une partie de leur gamme de véhicules et par la même occasion, stopper la production de ces modèles. C’est notamment le cas d’Audi, BMW, Peugeot ou du groupe Volkswagen.

Par ailleurs, de nombreuses sociétés ont fait le choix de prolonger les contrats de leasing en attendant d’obtenir des informations concrètes sur le cycle d’homologation WLTP.

Ces décisions pourraient occasionner un afflux de commandes à l’instant où les barèmes seront publiés et provoquer, par conséquent, un allongement des délais de livraison auprès des constructeurs.

Mise en application du WLTP repoussée à l’automne 2019

Initialement prévu au 1er septembre 2018, le cycle d’homologation WLTP connaît un report d’une année civile. En effet, ce n’est qu’au 1er septembre 2019 que le WLTP deviendra la norme de référence pour l’ensemble des véhicules produits. Certains experts automobiles évoquent même un report à 2021. En somme, un répit inattendu pour les Gestionnaires de Parc et Dirigeants.

La cause de ce report est due à une adaptation plus longue que prévu du système d’immatriculation des véhicules (SIV). Plus précisément, chaque équipement présent sur le véhicule à l’essai influe directement sur le grammage de CO2 émis. De ce fait, l’État se retrouve avec de multiples configurations de véhicules au grammage différent entraînant une impossibilité à immatriculer les véhicules concernés selon le cycle WLTP.

Ainsi, ces deux cycles, le WLTP et le NEDC, sont amenés à cohabiter durant cette année de transition, ils apparaîtront conjointement sur l’étiquette « énergie » du véhicule bien que le NEDC sera largement favorisé. Cependant, la valeur du NEDC actuel subira une corrélation puisque les valeurs obtenues à la fin du cycle WLTP seront alors converties en équivalence NEDC par le biais d’un calcul complexe (CO2mpas). L’avantage de cette corrélation permettra de temporiser la fiscalité en affichant un NEDC « corrélé » inférieur aux données du cycle WLTP.

En l’absence d’informations supplémentaires et claires de la part des autorités compétentes, Feu Vert Entreprises vous suggère la réalisation d’un audit auprès de l’ensemble de vos Collaborateurs sur leurs besoins en matière de mobilité. En ayant ainsi une longueur d’avance sur la publication des barèmes 2019, vous serez en mesure de proposer à chacun de vos Collaborateurs une solution de mobilité appropriée et idéale pour votre TCO tout en peaufinant la gestion de votre flotte de véhicules professionnels et en restant à l’écoute de l’avancement de ces mesures.