Le marché de l’automobile a évolué depuis ces dernières années au niveau mondial. Entre la crise sanitaire due au coronavirus, la pénurie des semi-conducteurs et dernièrement le conflit en Ukraine, l’état de l’industrie automobile à l’échelle mondiale a connu certaines variations. 

Entre le marché du neuf, des véhicules d’occasion, des voitures électriques et hybrides, qu’en est-il de leur situation ? Baisse de ventes, pénuries de matières premières, la demande fluctue et la production des industries évolue en fonction de l’actualité. 

Feu Vert Entreprises fait le point sur les tendances actuelles et à venir concernant le parc automobile mondial pour l’année 2022.

Crises consécutives : impact direct sur le marché automobile

L’industrie automobile connaît de nombreuses difficultés ces dernières années et notamment depuis le début de la pandémie de la Covid-19. Par la suite, des pénuries sont apparues et dernièrement, la guerre en Ukraine qui n’a pas arrangé l’état du parc automobile.

La crise sanitaire en 2020

En 2018 et 2019, le parc automobile mondial a connu des records en termes de vente avec une forte demande. En revanche, la crise pandémique en 2020 a eu de sévères répercussions sur le secteur qui s’est retrouvé parmi les plus touchés. L’écosystème a tout d’abord été impacté avec les premières mesures de confinement en Chine, créant des complications au niveau des chaînes d’approvisionnement de pièces essentielles à la production de véhicules. 

Les constructeurs automobiles ont été très impactés par la crise avec pour la plupart, un arrêt de leur activité. Ce déclin a freiné bon nombre de changements en cours, notamment l’électrification des gammes de véhicules. En 2020 la plupart des constructeurs avaient investi massivement sur ces innovations. Quant aux ventes des véhicules, elles ont baissé pour la plupart des constructeurs, notamment pour Jaguar ou encore Jeep, tandis que les marques françaises, particulièrement Renault et Peugeot, s’en sont bien sorties.

Alors que l’état du marché automobile était en capacité de s’améliorer vers la fin de cette crise sanitaire, la guerre qui a éclaté en Ukraine a impacté davantage le secteur. 

La pénurie des semi-conducteurs

L’industrie des semi-conducteurs se trouve également au centre des enjeux économiques actuels. La pénurie mondiale des semi-conducteurs a été actée et elle s’explique tout d’abord par la crise pandémique qui a, comme nous avons pu le voir précédemment, créé des problèmes en termes de logistique et d’approvisionnement.

Le parc automobile mondial a vu ses chaînes de production ralentir alors que d’importants investissements avaient été réalisés. Le marché a ainsi connu une baisse de l’offre mais également de la demande qui s’est davantage située sur les outils numériques puisque les multiples confinements ont accentué le télétravail et les divertissements digitaux.

Dernièrement le déploiement de la 5G avec le télétravail qui est rentré dans les habitudes de travail quotidiennes et les diverses formations qui se suivent la plupart du temps à distance, les ventes d’ordinateurs et autres outils pour les activités professionnelles ont connu un important rebond.

À savoir qu’en Chine, les semi-conducteurs représentaient leur budget d’importation le plus important en 2020.

La pénurie dure encore aujourd’hui et est accentuée avec le conflit en Ukraine. La production se trouve ralentie alors que l’industrie automobile est particulièrement demandeuse des semi-conducteurs, composants essentiels pour l’électrification des véhicules et de nombreux aspects électroniques concernant les voitures. Le parc automobile est particulièrement touché par cette crise.

Les constructeurs en Europe se trouvent déjà fragilisés, notamment Renault et Volkswagen qui ont annoncé des baisses de production significatives. Autre difficulté : l’Europe est dépendante de la production des puces en Asie, alors que le continent subit également des durées de production plus importantes dues aux restrictions concernant la pandémie. Les retards de livraison sont une réalité pour tous les constructeurs.

L’invasion russe en Ukraine

Ce nouveau choc pour l’industrie automobile concerne principalement le marché européen. En mars dernier, les ventes de véhicules se sont effondrées en Europe. La demande n’a pas diminué, en revanche des composants indispensables à la production des voitures manquent.

Selon Pro L’argus, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie connaissent des progressions sur le mois de mars. En revanche, l’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne ont plutôt enregistré des baisses importantes de leur production.

Toujours selon Pro L’argus, 844 000 véhicules se sont vendues en Europe au mois de mars. Hors pandémie, il s’agit du volume le plus faible enregistré depuis ces 12 dernières années. En termes de ventes, le bilan est davantage positif en Allemagne, en Pologne et en France, en revanche l’Espagne et la Suède sont les plus touchées avec une baisse des ventes de 40%. 

Ainsi, le marché de l’automobile doit encaisser de nombreux chocs : entre les diverses pénuries de composants électroniques, les problèmes d’approvisionnement et l’invasion russe en Ukraine, les difficultés peuvent évoluer rapidement pour l’industrie automobile.

Il faut savoir que l’Ukraine est le principal fournisseur au niveau européen de faisceaux de câblage. Ces pièces sont indispensables pour les équipements électriques des voitures. Le pays se retrouve, depuis le début du conflit, dans l’incapacité de fournir ces composants aux constructeurs.

Certaines usines en Europe ont ainsi dû mettre en pause leur production. Plusieurs sites Volkswagen et une usine Renault ont par exemple été arrêtés temporairement.

Quelles sont les prévisions sur l’année 2022 ?

Au vu des premiers résultats des ventes en ce premier trimestre, la suite de l’année 2022 ne s’annonce pas favorable à une augmentation des ventes et de la demande. 

Comment se porte le marché du véhicule neuf ?

Un déclin des ventes de voitures neuves est un scénario à envisager pour 2022. La guerre en Ukraine a généré de nombreuses perturbations sur le marché de l’automobile, notamment de par le prolongement des pénuries, des difficultés d’approvisionnement et des retards de livraison. Les conséquences du conflit actuel en Ukraine pourraient être davantage prononcées en Europe.

Selon les études menées par AAA DATA, sur ce premier trimestre 2022, 365 361 voitures neuves ont été vendues. Un écart à -17% par rapport à l’année dernière. L’agence soulève cependant un point positif : les commandes de véhicules neufs sont reparties à la hausse en mars avec +14%.

Ces déséquilibres entre l’offre et la demande ont favorisé la croissance des prix des voitures neuves : +21% de hausse du prix moyen.

Qu’en est-il du marché de l’occasion ?

Le marché de l’occasion a également souffert au début de l’année 2022 en connaissant une forte baisse. Aux mois de janvier et de février, une baisse de 9% a été relevée pour 440 994 transactions. Le marché est “surtout pénalisé par les modèles de moins de 5 ans (-15%)”.

Les dernières données du mois de mars montrent que tous les marchés des véhicules neufs et d’occasion dans le monde se portent plutôt mal et des tendances à la baisse sont à prévoir.

En conclusion, comment se porte le parc automobile mondial actuellement ?

Le marché automobile subit de lourdes tensions en termes de production avec la pénurie des semi-conducteurs et la fermeture temporaire de certaines usines. La production n’est pas la seule cause de perturbation, les coûts des matières premières, les frais de transport à l’international, la demande en baisse due à des hésitations concernant les nouveaux prix et les nouvelles motorisations, le marché connaît actuellement une crise.

Nous avons pu relever cependant, des points positifs puisque selon AAA DATA les ventes de voitures électriques sont en croissance avec +27% ainsi que les ventes des voitures hybrides et au superéthanol.

L’affaire est à suivre, il est difficile de prévoir les prochaines tendances et l’évolution globale du marché, notamment au niveau de l’approvisionnement des ressources nécessaires à la construction automobile. Le développement des ventes et la croissance des prix constituent des points à observer de près sur les deux prochains trimestres. Pour l’instant, le marché français tire son épingle du jeu en faisant partie des pays les moins impactés par le conflit Ukraine / Russie en Europe.

Est-ce que la situation actuelle pourrait avoir des conséquences à long terme sur le marché ? Il est encore tôt pour dégager des prévisions claires, l’état du parc automobile peut encore connaître une évolution.

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